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Les Machines (thème des Rencontres de Sophie – Nantes) -SUITE

Présentation du thème 07 du 8 mars 2026

Günther ANDERS, Jean Pierre DUPUY, Martin HEIDEGGER, Hans JONAS, tous ces auteurs ne convergent-ils pas pour affirmer que la technologie est une menace existentielle pour l’être humain ?

1 – Hans JONAS versus Günther ANDERS – Chatgpt

. .

Chatgpt

Thématique

Chatgpt a dit :

Voici une synthèse comparative claire entre Hans Jonas et Günther Anders, deux philosophes majeurs du XXᵉ siècle qui ont chacun développé une critique puissante de la technique moderne, mais selon des voies très différentes.

🧠 1. Vision générale de la technique

Hans Jonas (1903–1993)

  • Connu pour Le Principe responsabilité (1979).
  • Défend une éthique de la responsabilité adaptée à la puissance technologique moderne.
  • Inquiétude centrale : les technologies modernes (biologie, nucléaire, technique industrielle) donnent à l’humanité un pouvoir qui met en danger la vie future, mais encore le vivant en tant que tel.
  • Il propose l’impératif suivant :
    « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre. »

→ Jonas cherche une limite, un cadre moral pour canaliser la technique.

Günther Anders (1902–1992)

  • Principal ouvrage : L’Obsolescence de l’homme (1956–1980).
  • Philosophie plus sombre, proche d’un pessimisme radical.
  • Dénonce l’« honte prométhéenne » : l’homme se sent inférieur aux machines qu’il fabrique.
  • La technique n’est pas seulement dangereuse : elle déstructure l’existence humaine, modifie nos affects, nos rapports aux autres et au monde.
  • L’humanité est devenue incapable d’imaginer l’ampleur de ses propres actes — ce qui rend possible l’anéantissement (nucléaire, automatisation, médias).

→ Anders pense que la technique dépasse et submerge l’humanité — il n’y a plus de contrôle possible.

⚖️ 2. Points communs

  • Tous deux issus de la tradition phénoménologique et critiques de la modernité technicienne.
  • Fortement marqués par Hiroshima, les totalitarismes et le potentiel destructeur de la technique.
  • Importance accordée à la responsabilité humaine, mais pas au même degré ni sous la même forme.

⚖️3. Différences clés

ThèmeHans JonasGünther Anders
Problème centralLa technique menace la continuité de la vieLa technique modifie et aliène l’homme lui-même
Tonalité philosophiquePrudence, éthique normativePessimisme radical, critique existentielle
SolutionNouvelle éthique, responsabilité anticipatricePresque aucune solution ; appel à une vigilance tragique
Rapport à l’avenirOn peut encore agir pour le préserverL’homme a déjà perdu la maîtrise de la technique
StylePlus systématique, inspiré de la tradition moraleAlerte, pamphlétaire, proche du style prophétique

🎯 4. En résumé

  • Jonas propose une éthique pour essayer d’éviter le pire.
  • Anders affirme que le pire est déjà inscrit dans la logique de la technique elle-même.
  • Jonas est un philosophe de la responsabilité, Anders un philosophe de la catastrophe potentielle.

3 – Jean Pierre DUPUY versus Hans JONAS – Chatgpt

🌱 Hans Jonas vs. Jean-Pierre Dupuy

Deux philosophies du risque, de la technique et du futur

1. Le cœur de leur pensée

Hans Jonas (1903-1993)

  • Philosophe allemand d’inspiration phénoménologique et existentialiste.
  • Ouvrage majeur : Le Principe responsabilité (1979).
  • Contexte : menace technologique, biotechnologie, nucléaire, crise écologique naissante.

Idée centrale :

La puissance technologique moderne impose une éthique du long terme : une obligation de protéger l’avenir de l’humanité et la biosphère.

— Le futur devient un objet moral.
— Responsabilité fondée sur une forme de heuristique de la peur : imaginer les pires conséquences pour éviter l’irréversible.

Jean-Pierre Dupuy (né en 1941)

  • Philosophe français proche de la théorie des systèmes, de la cybernétique et de René Girard.
  • Travaux majeurs : Pour un catastrophisme éclairé (2002), La marque du sacré (2009).

Idée centrale :

Pour prévenir les catastrophes, il faut penser celles-ci comme si elles étaient certaines, et non seulement possibles.

— Le futur catastrophique doit être pris comme réel dans l’imaginaire collectif.
— Il reprend et modifie l’idée de Jonas, mais lui donne une forme « performative » :
penser la catastrophe comme fatale pour rendre possible son évitement.

2. La différence fondamentale

🟩 Jonas : une éthique de la responsabilité

  • Le futur doit être protégé.
  • La peur est un guide moral prudent.
  • La technique crée une obligation nouvelle : ne pas mettre en danger la permanence de l’humanité.
  • Responsabilité fondée sur un impératif moral :
    « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre. »

🟦 Dupuy : un catastrophisme éclairé

  • Le futur catastrophique doit être pensé comme inévitable, paradoxalement pour l’empêcher.
  • On doit « faire comme si » la catastrophe (climat, nucléaire, effondrement systémique) allait se produire.
  • Non pas la peur, mais la modélisation cognitive du danger.
  • Met l’accent sur les chaînes causales, la complexité, l’auto-organisé (pensée des systèmes).

3. Points communs

  • La conviction que la technique moderne introduit un danger inédit.
  • Importance de la responsabilité envers les générations futures.
  • Une réflexion sur le temps futur comme dimension centrale de l’éthique.
  • Approche non naïve de la peur, du risque, de l’irréversibilité.

4. Ce qui les sépare vraiment (résumé en une phrase)

👉 Jonas fonde une éthique morale de la responsabilité.

👉 Dupuy fonde une méthode cognitive pour produire une conscience du risque.

Ou encore :

  • Jonas : “Craindre pour préserver.”
  • Dupuy : “Imaginer le pire comme certain pour l’empêcher.”

Le machines selon Jean Vioulac – philosophe – Chatgpt

ChatGPT a dit :

Voici un aperçu de la façon dont le philosophe Jean Vioulac conçoit les machines — c’est-à-dire non pas simplement comme des outils neutres, mais comme des entités dont la montée transforme radicalement la condition humaine, la pensée, et le monde.

🎯 Contexte : « L’époque de la technique »

  • Dans son essai majeur L’époque de la technique : Marx, Heidegger et l’accomplissement de la métaphysique, Vioulac retrace l’histoire de la technique en Occident : de l’usage primitif d’outils comme prolongement de la main humaine, jusqu’à la domination actuelle de la machine et du calcul.
  • Selon lui, la technique moderne ne se limite pas à améliorer la vie par des outils — elle inaugure un nouveau régime ontologique dans lequel tout devient machinable, réifiable, calculable.

🧱 Machines et machination

Vioulac introduit une distinction centrale : entre « machines » (au sens traditionnel) et « machination » — un système global dans lequel la machine devient mode d’être, mode de pensée, mode de vie.

  • Dans la machination, « tout devient machine » — la maison peut devenir « machine à habiter », l’individu peut être « machiné », et la vie elle-même peut être comprise comme un appareil. 
  • Il voit dans cette machination l’accomplissement d’une métaphysique : la rationalité technique (le calcul, la quantification) remplace le vieux « logos » — c’est-à-dire le sens, le vivant, la qualité — par le quantitatif, l’abstraction, la reproductibilité.

🔄 Machines, capitalisme & aliénation

Pour Vioulac, la montée des machines est indissociable du développement du capitalisme moderne.

  • Il s’inspire de Karl Marx : la machine (et le machinisme) ne sont pas neutres — elles conditionnent l’aliénation du travail vivant. L’opérateur, l’ouvrier, est réduit à une « force de travail » abstraite, numérisée, soumise à une machinerie dont l’intelligence (logicielle, algorithmique) lui est étrangère. 
  • Avec le développement de la « valeur abstraite » et de la circulation — monnaie, capitaux, informations — la technique/machine devient l’outil principal d’un système global de domination et d’exploitation.
  • Ce qui était un moyen s’est transformé en fin : le progrès technique n’est plus au service de l’humain, mais au service de la valeur, du calcul, de la reproduction du système.

💻 Machines, cybernétique et dissolution de la différence vivant / machine

Vioulac considère que la période contemporaine — ère numérique, cybernétique, informatique — marque l’achèvement de la machination.

  • La cybernétique — science du contrôle, de l’information, des flux, des boucles — fait basculer la logique : l’humain, le vivant, le sensible sont intégrés dans le réseau des machines, indistincts des dispositifs informatiques.
  • Les machines ne sont plus seulement des instruments, mais des structures organisatrices de nos existences, nos pensées, nos relations, nos modes de vie.
  • L’essor de la « forme-logicielle » (le code, l’algorithme, le logiciel) signale, pour Vioulac, l’affirmation d’un univers où l’essence du réel est réduite à la calculabilité — ce qui, selon lui, constitue une forme d’aliénation ontologique.

☠️ Critique de la modernité & conséquences : nihilisme, catastrophe, perte du sens

Pour Vioulac, la domination de la machine n’est pas un simple progrès neutre — c’est un risque existentiel et civilisatoire.

  • Il lie la montée de la technique et du capitalisme à la crise écologique, à la destruction de la nature, à une « catastrophe » historique — l’époque industrielle et technicienne apparaît comme l’aube d’un basculement vers un régime destructeur. 
  • La vie, le vivant, le sens, le langage, l’humanité même risquent d’être absorbés par la machination — l’homme n’est plus sujet, mais pièce d’une machinerie impersonnelle. 
  • Ce que certains appellent « progrès » ou « civilisation » est, selon Vioulac, l’annonce d’un nihilisme — l’effacement de l’altérité, du vivant, de la spécificité humaine, au profit d’un univers abstrait, calculable, et potentiellement destructeur. 

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