Présentation du thème 9 du 10 mai 2026
La pluri-ethnicité – Robert Castel -2007
La France est déjà un pays pluriethnique et pluriculturel. 8 millions de personnes appartenant à des « minorités visibles » (i.e. qui ne sont pas de race blanche) y vivent. 5 à 6 millions d’entre elles sont nées en France. Les personnes d’origine maghrébine y sont également au nombre de 5 à 6 millions ; 3,5 millions ont la nationalité française (dont 500 000 harkis). La population noire (des départements d’outremer et d’Afrique subsaharienne) est estimée à 2 millions, dont 1,5 millions de Français.
Environ 1 million de personnes originaires du monde asiatique vivent en France, ainsi que 3,6 millions d’étrangers dont 510 000 sont nés en France. Plus de 1,5 millions de personnes nées à l’étranger ont acquis la nationalité française. […] Autrement dit, la France déjà un pays pluriethnique et pluriculturel, et elle le sera de plus en plus à l’avenir. […] La République ne se démettrait pas en renonçant à imposer une composition uniforme de l’identité nationale, qui coïncide avec l’hégémonie de « l’ethnie » autochtone majoritaire en métropole.
La discrimination négative : citoyens ou indigènes, Robert Castel, éd. Seuil, 2007, p. 72-73

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La question «Voulons-nous encore vivre ensemble ?» est au cœur de la philosophie politique contemporaine. Chatgpt a dit.
Elle interroge à la fois le désir de communauté, la cohésion sociale et la légitimité du projet politique commun dans des sociétés marquées par l’individualisme, les conflits identitaires et la défiance envers les institutions.
1. Le « vivre ensemble » : une idée politique fondamentale
Vivre ensemble ne signifie pas seulement coexister physiquement, mais :
- partager des règles communes
- reconnaître une autorité politique
- accepter des contraintes au nom d’un bien commun
- se reconnaître comme égaux en dignité
👉 Depuis Aristote, l’homme est un animal politique : il ne s’accomplit que dans la cité. Mais cette évidence est aujourd’hui remise en question.
2. Les signes d’une crise du vivre-ensemble
a) L’individualisme moderne
- Tocqueville : l’individualisme démocratique pousse chacun à se replier sur la sphère privée.
- Lipovetsky : l’ère de l’« hyperindividualisme » fragilise les solidarités.
➡️ On veut les droits sans toujours accepter les devoirs.
b) La fragmentation sociale
- Multiplication des identités (culturelles, religieuses, sexuelles, politiques)
- Logique du « nous contre eux »
➡️ Chantal Mouffe parle d’un conflit politique irréductible : le consensus total est une illusion.
c) La défiance envers les institutions
- Crise de la représentation
- Abstention, populisme, complotisme
➡️ Rousseau dirait que la volonté générale ne parvient plus à s’exprimer.
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3. Voulons-nous encore vivre ensemble… ou seulement côte à côte ?
a) Le contrat social est fragilisé
- Pour Hobbes, on vit ensemble par peur du chaos.
- Pour Rousseau, on vit ensemble par volonté d’être libres ensemble.
👉 Aujourd’hui, beaucoup acceptent l’État par nécessité, mais sans véritable adhésion collective.
b) Le désaccord n’est pas le problème
- Hannah Arendt : le politique naît de la pluralité.
- Le danger, ce n’est pas le conflit, mais l’indifférence ou la déshumanisation de l’autre.
4. Peut-on refonder le vivre-ensemble ?
a) Par la justice
- John Rawls : une société tient si ses règles sont perçues comme justes.
- Inégalités trop fortes → rupture du lien social.
b) Par la reconnaissance
- Axel Honneth : les conflits viennent souvent d’un manque de reconnaissance.
- Vivre ensemble, c’est se sentir visible et respecté.
c) Par un projet commun
- Jürgen Habermas : le dialogue démocratique peut recréer du lien.
- Sans récit collectif, la société devient un simple agrégat d’individus.
5. Conclusion possible (thèse synthétique)
👉 Nous voulons encore vivre ensemble, mais nous ne savons plus très bien pourquoi ni comment.
Le vivre-ensemble n’est plus une évidence culturelle ; il devient un choix politique fragile, qui exige justice, dialogue et responsabilité commune.
Formuler une problématique
Voici plusieurs formulations possibles de problématique, selon le niveau et l’orientation que tu veux donner au sujet « Voulons-nous encore vivre ensemble ? » en philosophie politique.
🔹 Problématique classique (dissertation)
Si le vivre-ensemble est le fondement de toute société politique, peut-il encore reposer sur une volonté commune dans des sociétés marquées par l’individualisme et les divisions ?
🔹 Problématique plus critique
Le vivre-ensemble relève-t-il encore d’un véritable choix politique, ou n’est-il plus qu’une contrainte imposée par l’organisation sociale et l’État ?
🔹 Problématique centrée sur la crise du lien social
La multiplication des conflits et des identités particulières traduit-elle un refus de vivre ensemble, ou une transformation des formes du lien politique ?
🔹 Problématique dialectique (très appréciée)
Vivre ensemble suppose-t-il nécessairement une volonté commune, ou peut-on faire société malgré l’absence de désir partagé ?
🔹 Problématique engagée / contemporaine
La crise de confiance envers les institutions politiques signifie-t-elle la fin du vivre-ensemble démocratique, ou appelle-t-elle sa refondation ?
🔹 Problématique courte et percutante
Peut-on encore vouloir vivre ensemble sans partager des valeurs communes ?

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