- Pour Aristote, l’homme est un “animal rationnel”
- Descartes dit non à la métaphysique d’Aristote
- L’homo structuralis dit non au “je pense-je suis” de Descartes
- L’homme neuronal contredit l’homo structuralis
- Francis Wolff pose sa définition de l’homme : L’homme est un animal dialogique, qui raisonne en parlant à un autre. L’animalité de l’homme se réalise dans et par le dialogue
Dire le monde – préface (soutien) – Francis Wolff – ed. Pluriel
Le langage est prédicatif ; pas dans le sens où toute proposition est découpable en sujet-copule-prédicat, mais au sens où tout énoncé est analysable dialogiquement entre ce sur quoi les interlocuteurs s’accordent (le sujet) et ce dont ils peuvent disputer (le prédicat). Parler c’est pouvoir contredire.
Pour pouvoir contredire autrui, il faut pouvoir objectivement parler de la même choses (le sujet) et pouvoir interlocutivement en dire des prédicats contraires.
Pour les grecs, à l’époque classique, parler c’est toujours parler de quelque chose et parler à quelqu’un (relation d’objectivité et d’interlocution).
“Le monde selon Francis Wolff “- Alain Policar – p.128 et seq.
Le caractère auto-fondé des deux principes de la raison (principe de contradiction, le cogito) leur donne une place essentielle dans le dire humain.
La distinction du sujet et du prédicat est le corollaire du principe de contradiction.
De même la nécessité d’un « je » à l’origine de toute pensée est le corrélat positif de la réflexivité du cogito. L’un et l’autre sont les conditions du langage monde (dire quelque chose à quelqu’un) et la parole-monde (s’adresser à quelqu’un).
Distinction langage-parole
– Le principe de contradiction est une condition du langage.
– Le principe « je pense-je suis » est une condition de la parole.
Toutes les assertions ne sont possibles qu’à condition de celle-ci : rien ne peut être dit sans un locuteur pour le dire, rien ne peut être dit de quelque chose sans présupposer que ce quelque chose est bien quelque chose.
Conclusion
La raison dialogique permet de bien dire le monde, sans permettre de dire la réalité alors que la raison monologique permet la connaissance scientifique du réel
Playdoyer pour l’universel – Francis Wolff – Fayard – p.215 et seq.
Le troisième degré de rationalité théorique (p.215) : voir “Playdoyer pour l’universel ” pour cette classification – Transcription littérale partielle non stricte
1 –La science est-elle un savoir universel ?,…
Tous les critères de démarcation (de la science) mettent en évidence le rôle crucial de l’expérience, même si les épistémologues se sont divisés entre les vérificationnistes (un énoncé scientifique doit être empiriquement vérifiable) et falsificationnistes : un système d’énoncés scientifiques, ou une théorie doit être «falsifiable » (on dit aussi réfutable ou testable), c’est-à dire « susceptible d’entrer en conflit avec des observateurs observables ».
La science n’est pas vraiment un savoir parce qu’elle est un process indéfini (on ne peut jamais affirmer ce qu’elle énonce).
2 – Le réel ne forme pas un tout, ni même un ensemble cohérent à la différence du monde.
Aucune science, aucune théorie ne nous donne l’accès à l’ensemble de la réalité comme tel.
Le réel n’est pas une chose en soi intrinsèquement inconnaissable ; mais nous accédons à des réalités mais pas à la réalité.. Nous avons le sentiment que tout ce qui existe forme une totalité ; c’est ce que j’appelle le monde, comme un ordre total commun.
Total : nous avons le pressentiment que tout ce qui est réel devrait pouvoir s’assembler pour former une unité.
Ordre : nous attribuons aussi à cet ensemble une cohérence.
Troisième propriété : ce monde nous est commun.
3 – Relation d’interlocution – relation d’objectivité
C’est au troisième degré de rationalité ( voir plaidoyer pour l’universel que l ’on atteint l’universel.
L’animal humain est doté d’une raison dialogique . Cette raison suppose une structure « plissée » de la conscience et fait appel aux mêmes ressources du langage humain.
Ce langage se définit par le croisement de la relation d’objectivité (parler de) qui suppose la structure prédicative (affirmer quelque chose à propos de quelque chose : S est P).
Et la relation d’interlocution (parler à) qui suppose la structure indicative qui dit (je, s’adresser à un tu).
Au dernier degré de rationalité, au-delà de tout savoir ou de toute valeur, on atteint l ’universel.
La science se définit par une relation d’objectivité qui vise à faire abstraction de toute relation d’interlocution : son objet final, c’est un monde de nulle part qui ne serait dit par personne.


