Présentation du thème 03 du 9 novembre 2025
Cette introduction ne nécessite-elle pas le recours à des textes qui, certes, ne sont pas d’un abord immédiat, et dont l’argumentation doit être soutenue ?
Fiche de lecture, extraite de WIKIPEDIA
Le sens de l’existence
Le dasein de Martin Heidegger
Ainsi le Dasein est cet étant particulier et paradoxal, à qui son propre être importe, qui est confronté à la possibilité constante de sa mort[N 2], en a conscience, vit en relation étroite avec ses semblables et qui, tout en étant enfermé dans sa solitude, « est toujours au monde », auprès des choses.
C’est toute l’analyse ontologique, la recherche du sens de l’ « être », à laquelle se livre Heidegger, qui lui aurait imposé de substituer le concept de Dasein aux concepts traditionnels d’homme et de sujet.
« l’étant à analyser (le Dasein), nous le sommes « à chaque fois » nous-mêmes[N 5]. L’être de cet étant est à chaque fois le mien »
texte cité par Jean Greisch[4] où les termes importants sont « à chaque fois » et « mien ».
Avec ce nouveau concept, Heidegger tente de rendre métaphysiquement compte des phénomènes complexes liés à l’analyse de la vie humaine dans son « monde », de la « vie facticielle » (la vie réelle avec sa contingence), comme la dispersion, la temporalité, la perte et la reprise de soi, la finitude, et surtout la familiarité avec l’« être », tels qu’ils étaient apparus dans les travaux qu’il avait menés antérieurement[5],[6],[N 6], mais aussi de répondre à la question du sens de l’être ou Seinfrage.
1-Le Da du Dasein
Dans le « Da », allemand, littéralement Là en français ou même « l’ici-bas » selon Emmanuel Levinas[19], on trouve l’expression d’une situation de fait, l’idée d’un positionnement qui s’imposerait au Dasein. C’est ce que Heidegger veut exprimer quand il caractérise le Dasein comme « être-jeté »[20]. Si comme être-jeté le Dasein se trouve dans une situation qui s’impose à lui, il n’est, néanmoins pas dans la situation d’un objet, comme une boule dans un jeu de quille mais « il est là, à chaque fois, en vertu de son être et non pas sur un mode aléatoire et contingent ».
- L’homme est un être historique qui ne choisit pas le lieu et le comment de son insertion dans la vie. Cette vie se caractérise par sa brièveté, comme la présence de tous les étants, dans l’espace étroit d’une entrée en présence et d’un retrait[N 15]…
- C’est à tout moment, et dans tous ses extases et « pro-jets » successifs, dans sa « résolution devançante » qu’il en est ainsi : il a toujours et à chaque fois déjà réalisé certaines de ses possibilités qu’il doit à chaque fois prendre en charge, qu’il le veuille ou non, dans une nouvelle situation[22]. Il y a dans cette expression l’idée d’un caractère irrécupérable de la vie[23] et aussi celle d’une vie ressentie comme un fardeau.
- Dans cette situation à laquelle il doit faire face « il a « à être » le plus propre de son être ». Le Dasein est son « avoir-à-être », autrement dit il est constamment « sa possibilité », tendu vers son futur et comptable de son être, rien d’autre. Jean Grondin[24] écrit « Être un Dasein, cela veut dire que je puis être là où et quand tombent les orientations fondamentales quant à mon être ».
2 -Le là de « être-le-là »
Dans le « là », signification reprise aussi du Da allemand il y a un sens topologique fort qui ne doit pas être ignoré, écrit Françoise Dastur[25] l’idée d’un lieu prend de l’ampleur dans sa transposition française, l’horizon s’élargit[26],[15].
On rentre dans l’« éclaircie », ou la « clairière » en allemand Lichtung de l’être (expressions heideggeriennes : ce qui se donne à voir au Dasein). Comme le remarque Emmanuel Levinas[27] la topologie va, chez Heidegger, jusqu’à basculer en ontologie lorsqu’il est avancé dans une formule choc, la thèse audacieuse que l’« être est son là ».
Le Dasein se comprend comme « étant-le-Là » de l’être ; non point comme le lieu réceptacle de l’être, mais comme le lieu dimensionnel, l’espace de déploiement propre, le champ de manifestation et de dispensation de la présence de l’être ; lequel champ n’est donc pas l’homme lui-même, mais bien ce qui, de l’être, constitue l’homme comme capable d’une compréhension de l’être …
Cependant, même en étant son « là », le Dasein n’ouvre pas pour autant un espace au sens physique. Le Dasein est son « là » veut seulement dire : il est son « ouverture», en allemand Erschlossenheit; ce qui n’a rien à voir avec « l’ici et le là-bas » de la physique : mais « ouverture » doit être pris au sens de totalité indéterminée du monde ; « la totalité des possibilités et de l’espace de jeu qui sont ouvertes au Dasein ».
« Être son ouverture » est donc dans l’esprit de Heidegger à prendre au pied de la lettre, l’ouverture est comme un existential, un attribut du Dasein, c’est pourquoi François Vezin[29], a proposé de transposer le mot allemand Erschlossenheit en « ouvertude », expression que Hadrien France-Lanord[16] reprend dans le Dictionnaire ; terminaison enfin que le français peut autoriser et qui rend bien cette idée fonctionnelle à l’image d’autres mots en « ude » tels inquiétude, solitude, finitude, que Heidegger veut susciter[N 17].
Si le « monde ontologique » n’est pas un espace, une sommation d’objets, le Dasein, par contre existe sur un mode spatialisant : il dispose et oriente toutes choses. La spatialisation est un mode d’être du Dasein, qui est une autre détermination de son essence selon une autre formule choc « L’essence du Dasein réside dans son existence »[30].
3 -Le Sein du Dasein
Dans le Sein, est en question l’idée de l’être (sens verbal comme vivre sa vie) et non de l’essence. Dans Être et Temps, l’être du Dasein, « être-le-là », n’est ni une substance, ni un sujet, mais celui qui est à « chaque fois le mien » Die Jemeinigkeit, celui dont j’ai à me préoccuper, qui a « à être » et qui n’est jamais qu’une pure possibilité[31]. ..
Le terme de Dasein n’est pas une simple périphrase pour remplacer celui de conscience (Bewusstsein), mais une dénomination topologique[N 18]. L’être du Dasein réside tout entier dans cette formule réflexive qui ne désigne pas une substance : « L’être dont il y va pour cet étant en son être est à chaque fois sien »[N 19].
La plupart du temps cet « avoir-à-être », cette possibilité ou cette existence, termes équivalents, n’implique aucun caractère exceptionnel ; le Dasein, autre précision, vit constamment, dans sa « quotidienneté » , comme un « être-dans-la-moyenne »[33],[34].
L’essence du Dasein réside dans son « avoir à être », dans la mesure où il reste possible de parler d’essence, dans ce cas là, les caractères qui peuvent être dégagés ne sont pas des propriétés du Dasein mais ses modes d’être
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